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Grèves intempestives dans le secteur éducation ivoirien: Kandia Camara plaide pour une trêve

La ministre ivoirienne de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et la formation professionnelle, Kandia  Camara a plaidé, mardi soir,  pour une trêve dans le secteur éducation-formation en proie à des grèves intempestives depuis le début de l’année académique 2016-2017.

«Je lance un appel  d’abord aux enseignants, et ensuite à toute la communauté éducative pour une mobilisation générale autour de l’école. Que tout le monde se mobilise pour qu’on n’ait plus de grève et qu’on aille à une trêve», a plaidé Kandia Camara qui s’exprimait au cours d’une émission sur les antennes de la première chaîne de télévision de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI – service public).

Le récent débrayage des fonctionnaires ivoiriens, le réaménagement du calendrier scolaire, les cours de mercredi, les efforts consentis par l’État sont, entre autres,  les questions passées en revue par la première responsable de l’éducation nationale.

« A notre connaissance, l’État ne doit plus rien aux enseignants. Il y a eu un accord entre les syndicats et l’État en 2014 sur la question des stocks d’arriérés qui ont été abandonnés au profit du déblocage des salaires. De 2011 à aujourd’hui, le salaire des enseignants a été multiplié par deux… Je voudrais dire aux enseignants que ce n’est pas pour toutes les revendications qu’on va à la grève», a estimé  Mme Camara  avant de révéler que « près de 1314 enseignants syndicalistes sont à Abidjan, ils ne travaillent pas  et perçoivent pourtant leurs salaires.  Nous y trouvons  parce que cela inadmissible. Nous avons pris la décision de redéployer les enseignants là où il y a le besoin», a-t-elle annoncé.

Relativement au dernier réaménagement du calendrier  scolaire qui supprime les congés de février et réduit ceux de la pâque à cinq jours, la ministre a expliqué  que « le gouvernement a pris cette décision pour la réussite de nos enfants. Si les cours ne sont pas rattrapés il y a des enfants qui vont perdre leur année.

Cela permet aussi de crédibiliser nos diplômes car nous sommes dans un monde globalisé», a justifié  Kandia Camara qui apprend par ailleurs, que malgré  le nouvel emploi du temps « sur  les 365 jours de l’année, les enseignants ne travaillent que pendant 165 jours. Ils ont 200 jours dans l’année pour faire leurs courses. Dans tous les pays au monde, c’est au moins 5 jours de classe par semaine. Le quantum horaire normal par an est de 1000 heures de cours alors que nous sommes à 990 heures en Côte d’Ivoire  malgré le réaménagement », a-t-elle déploré.

En ce concerne, l’institution des cours de mercredi dans le primaire qui avait soulevé le courroux de certains enseignants, Kandia Camara a informé que plus de 100 directeurs d’écoles hostiles à cette mesure ont été sanctionnés par ses services.

« Les techniciens de l’éducation nationale nous ont appris que les faibles résultats  des élèves  et  la mauvaise performance de l’école malgré les investissements de l’État sont  dus  au faible temps d’apprentissage dans nos écoles», a-t-elle fait savoir annonçant dans la foulée,  la tenue prochaine d’un séminaire avec tous les acteurs du système éducatif afin de trouver des solutions à la «problématique de la mauvaise performance de notre système éducatif».

L.Barro

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