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Procès en assises: Simone Gbagbo et ses avocats de retour

Ils avaient décidé  avec leur cliente de ne plus participer à la suite du procès en assises suite à la décision de la cour de passer outre la comparution des témoins dits clés du procès. Les avocats de l’ex-première dame ont refait surface à l’audience de ce lundi à la cour d’assises d’Abidjan. Certes absente à l’audience d’aujourd’hui,  Simone Gbagbo sera bel et bien présente demain à en croire son conseil et le procureur général. Les avocats commis d’office le  16 novembre dernier pour la défense de l’épouse de Laurent Gbagbo ne prendront donc pas service dans ce dossier grâce à cette médiation réussie du bâtonnier de l’ordre des avocats pour faire revenir au prétoire Me Rodrigue Dadjé et ses pairs.  »je suis heureux que la sagesse ait habitée la défense suite à cette médiation du bâtonnier », s’ést félicité le procureur général à la reprise de l’audience de ce jour.  Dans les faits, selon les explications des parties, ce nouveau compromis entre le parquet général et la défense redonne la possibilité au conseil de Mme Gbagbo de proposer à nouveau à la cour un calendrier relatif à la comparution de ces témoins dits clés. Lesquelles propositions sont attendues pour l’audience de demain mardi.
Ali Yéo, procureur général:  » Si la loi permet de satisfaire leurs demandes, elles le seront »
 » Depuis la décision de Mme Gbagbo et de ses avocats de ne plus comparaître, l’audience avait été renvoyée à aujourd’hui avec des avocats commis d’office. Le bâtonnier de l’ordre des avocats a estimé qu’il était impérieux que les avocats de l’accusée puissent continuer d’assurer sa défense. Et ses avocats suite à cette médiation ont décidé de revenir à l’audience. La médiation était qu’ils reviennent à l’audience et que les demandes qu’ils veulent formuler soient faites. Si la loi permet de satisfaire ces demandes, elles seront satisfaites. Le président a renvoyé l’audience à demain pour qu’ils proposent un nouveau calendrier pour la suite du procès. Le code de procédure pénale prévoit la manière dont sont reçus les témoignages de certaines personnalités.  Ça suppose que cette demande soit présentée en conseil des ministres et que le conseil donne son autorisation. Après quoi cette autorisation doit être actée par un décret du président de la République pour que  la personnalité témoigne. Il appartenait aux avocats de la défense qui savaient qu’ils voulaient faire citer ces personnalités de prendre des dispositions depuis le début du procès pour que ces formalités soient accomplies. S’il ne l’ont pas fait, tant pis pour eux ».
Rodrigue Dadjé, avocat principal de Simone Gbagbo:  »Nous avons obtenu une première victoire  »
 »Je m’inscris en faux avec la déclaration du procureur général.  Je m’explique : la procédure pour faire citer un ministre ou une haute personnalité n’est pas longue. Elle se fait en une seule journée. Vous adressez un courrier. Sachez que le gouvernement siège chaque semaine. Et dès qu’ils ont siégé ils peuvent décider séance tenante l’autorisation de la personnalité à venir témoigner. Et un décret, il se rédige en moins de trente minutes. Ça ne prend pas dix jours. Pour preuve des ministres ont été limogé ce week-end, et je ne pense pas que il ait fallu 10 jours pour les limoger. Nous sommes venus à notre dernière audience et nous avions demandé la comparution de certaines personnalités. La cour avait siégé et avait décidé que nos citations étaient nulles et qu’elle passait outre la comparution de ces personnalités. Et aujourd’hui nous revenons grâce à la médiation du bâtonnier en considérant que plus aucune de nos citations n’est nulle.
Donc, nous repartons à la case départ. Ceux dont les la cour avait décidé de passer outre leur comparution, seront entendus. Nous avons la possibilité à partir de demain, conformément au calendrier de citer tous les acteurs des faits sans exception y compris ceux dont la cour avait décidé de passer outre leur comparution. Le bâtonnier nous a rassuré du respect des droits de la défense. La cour devra nous donner les délais suffisants pour faire citer les acteurs des faits prenant même en compte les délais de distance pour ceux qui sont à l’extérieur et pour lesquels il faut un délai minimum de deux mois.
La première étape c’était d’abord que la cour revienne sur sa décision de passer outre nos citations.  Aujourd’hui, vous constatez qu’on revient à la case départ. Ça montre que nous avons obtenu une première victoire. La deuxième victoire, c’est que la cour devrait nous donner les délais suffisants pour les citations. A chaque étape, si nous constatons que les droits de la défense ne sont pas garantis, nous repartirons dans nos cabinets respectifs. Nous garantissons que notre cliente  sera là demain parce que nous sommes là. Notre cliente est attachée à ses avocats ».
L.Barro 
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